La phase diagnostic, entamée en septembre 2012, a permis d’étudier plus particulièrement le fonctionnement de Lintercom. Territoire de 33 communes au cœur des terres du Pays d’Auge, Lintercom est composée d’espaces distincts où se côtoient :

  1. Un espace urbain : Lisieux et les communes qui l’entourent : Saint-Désir, Glos, Saint-Martin-de-la-Lieue, Ouilly-le-Vicomte et Beuvillers
  2. Des communes qui disposent d’équipements et services et qui jouent un rôle de relais au sein de l’espace rural : Moyaux, Coquainvilliers, Marolles, Le Mesnil-Guillaume, Le Pré-d’Auge/La Boissière/La Houblonnière et Hermival-les-Vaux
  3. Des communes rurales : Courtonne-la-Meurdrac, Courtonne-les-Deux-Eglises, Saint-Martin de Mailloc, Firfol, Le Pin, l’Hôtellerie, Ouilly du Houley, Saint-Germain de Livet, Cordebugle, Fauguernon, Fumichon, Le Mesnil Eudes, Le Mesnil Simon, Lessard et Le Chêne, Les Monceaux, Prêtreville, Rocques, Saint-Jean de Livet, Saint-Pierre des Ifs

La population de Lintercom est stable puisqu’elle était de 39 700 habitants en 1999 et progresse légerement pour atteindre 40 500 habitants en 2009. Cette progression ne profite pas à toutes les communes : tandis que les communes rurales continuent d’accueillir des populations jeunes, Lisieux voit sa population reculer tout en conservant une attractivité pour les personnes âgées qui y trouvent les équipements et services du quotidien (commerces, hôpital, services…) et ceci à l’échelle du sud Pays d’Auge.

Lisieux, capitale du Pays d’Auge, joue un rôle moteur pour ce territoire. Elle accueille de nombreux commerces, services et équipements (écoles, piscine, médiathèque, complexe hospitalier..) et seul le chiffre de l’emploi (Lisieux concentre 75% des emplois de Lintercom) montre que le rayonnement de la ville dépasse largement les limites de l’intercommunalité. La gare (et sa halte) ferroviaire est un atout de poids pour conforter cette situation. Bien reliée à Paris, à Caen, à Rouen et à la Côte Fleurie le territoire peut s’appuyer sur cette desserte pour servir son développement économique et touristique et offrir à sa population l’accès aux bassins d’emploi et de formation Caennais. L’annonce d’une amélioration du service ferroviaire offre un potentiel supplémentaire au territoire. Cependant, la desserte ferroviaire ne sera valorisée que si le territoire dispose d’un projet de forte ampleur.

Fort de ce pôle urbain, Lintercom compte également des espaces agricoles et ruraux qui font sa singularité. L’agriculture, dominée par l’élevage, fait évidemment partie des dynamiques économiques de notre territoire. En plus des emplois, générés directement ou indirectement, et des produits de qualité proposés, notre agriculture s’inscrit dans un paysage de bocage offrant une biodiversité riche et un cadre de vie agréable pour tous les habitants de Lintercom mais aussi pour les visiteurs et les touristes. Les édifices religieux ne sont pas nos seuls atouts touristiques, ils sont complétés par un patrimoine architectural et naturel de premier ordre. Aux vallées accueillant des habitations et industries s’ajoutent donc des espaces de coteaux et de plateaux verdoyants parsemés d’anciennes fermes à pans de bois, de belles demeures et de châteaux. Les pèlerins et les visiteurs du parc zoologique sont plus de 900 000 chaque année. Pour le territoire la question qui se pose est la suivante : comment amplifier les retombées économiques que confèrent ces deux phares ?

Une très forte présence de l’eau renforce la richesse de notre patrimoine naturel tout en nous exposant à quelques risques d’inondation dont nous devons avoir conscience. L’obéissance aux risques sera une donnée incontournable dans la construction de notre projet. La Touques, l’Orbiquet et l’ensemble des cours d’eau offrent une ressource valorisable pour de nombreuses activités agricoles et touristiques en particulier.

Depuis 1990, 850 hectares (soit 40 ha/an) ont été consommés dont une grande partie dans l’espace rural de Lintercom. Le recul des terres agricoles n’est pas la seule conséquence de cette consommation foncière. Les zones d’habitation se dispersent ce qui entraîne pour les collectivités un accroissement des charges en matière de réseaux (routes, eau potable, assainissement..). Parallèlement, cette dispersion des habitants sur le territoire n’autorise pas la mise en place d’un système de transport en commun performant.

La préservation et la mise en valeur de la beauté naturelle de nos paysages et le renforcement de l’agriculture en préservant des terres sont donc des enjeux pour l’avenir de notre territoire. Une réflexion doit donc s’opérer pour proposer aux habitants une organisation du territoire qui puisse satisfaire à l’exigence de qualité de vie en offrant des services et équipements tout en étant conscients des limites que posent l’impérative frugalité en matière de dépenses publiques.

La phase de diagnostic montre donc à quel point les communes de Lintercom doivent travailler ensemble pour mettre en place et renforcer la cohésion de notre territoire. Se dessine ainsi un projet de territoire à l’échelle de Lintercom et non de chacune de nos communes.