Crise financière : Qu’en est-il ?

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En un mois, la situation financière a changé.

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Depuis deux semaines, nous sommes dans l’œil du cyclone… ou au début du tsunami. On peut s’attendre à ce que la correction boursière qui a fait trembler Wall Street et déplacé la Réserve fédérale ait été plus rapide et plus brutale que prévu. Au début de l’année, les banques ont continué de prévoir de bonnes nouvelles et une bonne année de marché. Prenons les facteurs clés de cette agitation un par un.

  1. Coronavirus et Chine

Il y a quelque chose de presque époustouflant de voir que l’émergence d’un virus contagieux sans être scandaleusement mortel a été la cause de cette tornade. Au plus, elle était l’épingle qui a éclaté la bulle de Wall Street. Comme toujours, le déclencheur vient du côté où il n’est pas prévu.

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Non, le coronavirus n’est pas la cause profonde de cette correction du marché, peu importe ce que pensent certains commentateurs. En passant, la Chine commence à se rétablir.

  1. Les trompettes de la renommée

Certains se souviendront de cette chanson de Georges Brassens « refusant de payer la rançon de gloire ». Certes, les épidémies virales sont plus proches de la population. Mais le fait qu’une victime de plus prenne les nouvelles télévisées sur le drame ouïghours le fait frissonner. Il est incompréhensible que le premier cas soit plus important que la tragédie qui se déroule à la frontière entre la Turquie et la Grèce. Que même aux États-Unis, largement épargnés, les élections primaires du Parti démocratique cèdent la place aux vituperations de Donald Trump, tout cela m’amène à poser la question du jugement implicite que les médias ont sur l’importance des événements.

Leur capacité à choisir le spectacle et l’inflation des sujets « juteux » les met sur le banc de l’accusé de cette crise, qui n’est qu’une fraction de la grippe annuelle. Et alors que les dirigeants suivent les médias au lieu de les guider, ils ont dû sortir des bois.

  1. Politique ou la grenouille qui veut devenir aussi grosse que le boeuf (La Fontaine)

Pourquoi fermer les écoles et maintenir des matchs de football, laissant les enfants aux parents dans le désarroi ? Pourquoi limiter les vols et les voyages au risque de détruire l’économie ? Personne n’a osé contredire les déclarations alarmistes et souvent insensées de nos dirigeants qui se suivent pour gonfler leur importance face à un problème qu’ils n’avaient évidemment pas anticipé (malgré les épisodes précédents). Ils auraient été bien avisés de donner la parole aux professionnels de la santé.

La fragilité de l’économie s’est enlisée dans une inévitable récession qui entraînera le chômage des faillites les plus pauvres et des petites entreprises. La décision de la Réserve fédérale, bien qu’elle soit comprise, est le résultat de ce genre de leadership. Prêt à écouter Wall Street, Trump ou les deux, la Fed voulait rassurer, mais son intervention était inquiétante car elle était injustifiée par les besoins de la politique monétaire. Ce faisant, il a utilisé un tiers de ses munitions. La Banque centrale européenne, qui a brûlé toutes ses cartouches, est remarquablement en train de gérer une politique monétaire qui a trop frappé l’épargne. Les taux d’intérêt continuent de plonger dans la négativité.

Cette récession n’était pas due au coronavirus, mais à la façon dont les dirigeants ont paniqué dans une phobie collective, oubliant leur responsabilité dans la gestion des affaires publiques ou privées.

  1. L’ Arabie Saoudite et la Russie saisissent

Après des négociations infructueuses entre les deux géants pour réduire la production de pétrole pour soutenir le prix du baril, le Prince saoudien a finalement décidé d’ouvrir les portes. Son objectif est clair : extraire une part de marché dans un environnement incertain, ce qui a entraîné hier une baisse de 30% du prix du baril. Nous verrons donc une démonstration de force entre deux pays pour lesquels la manne pétrolière est essentielle à la survie de leurs économies et à la vigueur de leur monnaie. Donc c’est un coup dans le pied pour aller et de combattre une guerre commerciale dans son propre coin.

La Russie a déclaré ce matin qu’elle avait suffisamment de ressources financières pour subventionner le baril de 25 à 30 dollars pendant dix ans, mais le prix de Gazprom a chuté de 16% le lundi 9 mars. Quant à l’Arabie Saoudite, elle réalise un profit dès que le baril est à 8 dollars. Alors que la production nationale aux États-Unis est au plus haut niveau, qu’adviendra-t-il des producteurs américains endettés ?Comme l’industrie pétrolière devient moins attrayante pour les investisseurs à la recherche d’actifs respectueux de l’environnement, cette nouvelle incitera probablement certains gestionnaires de fonds à quitter les hydrocarbures.

Puisque tout le monde met son grain de sel, quelle sera la réponse des États-Unis, et celle d’un président qui ne parie que sur les sanctions et les guerres commerciales ?

  1. Les actions perdent 20% de leur valeur en deux semaines

Qui souffrira de la chute du marché boursier ? Les actionnaires, bien sûr, mais aussi les épargnants qui aux États-Unis voient les taux d’intérêt s’effondrer. Les futurs chômeurs et en faillite de nos sociétés sont confrontées à l’impact de cette crise sur l’économie.

Cependant, ce n’est pas une destruction de valeur : c’est une correction. Il Dow Jones est encore au-dessus du niveau de début 2019. Nous savions tous que cette bulle allait éclater. :La correction a maintenant eu lieu.

Mais cela ne suffira pas : face à une dette explosive des gouvernements et des entreprises, au-delà d’un ralentissement de l’activité économique, la deuxième vague du tsunami va se développer dans un climat de méfiance stupéfiante.

Et n’oublions pas la campagne électorale américaine qui fera ses propres dégâts. Ne nous attendons pas à une amélioration à court terme. Nous n’avons pas (encore) atteint le fonds.

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