Acheter de l’or aujourd’hui, une opportunité à saisir

Après avoir vu dans le premier article les arguments en faveur d’un achat d’or, nous verrons l’antithèse.

Pourquoi ne devrions-nous pas acheter de l’or ?

L’un des reproches majeurs faits à l’or, c’est qu’il reste une valeur inerte : aucune création de richesse, pas de rendement, juste un lingot qui dort derrière une porte blindée. Le seul espoir de tirer un bénéfice ? Compter sur une hausse du prix au moment de la revente. Pari risqué sur l’avenir, rien de plus.

Warren Buffet, connu pour sa vision pragmatique de l’investissement, a récemment souligné que l’achat d’or repose souvent sur la conviction que la peur va s’installer durablement. On l’a vu : après la bulle Internet en 2000 puis la crise financière de 2008, le métal jaune a grimpé sans relâche. Quand la confiance dans les marchés s’effrite, l’or rassure. Il rassure parce qu’il ne peut pas s’évaporer, il existe, palpable, solide. Difficile de faire plus concret.

Regardez ce lingot d’un kilo : prix affiché à 41 520 euros le 6 juin 2012. Ça fait rêver sur le papier, mais la réalité est moins linéaire.

Pour ceux qui espèrent un gain rapide, miser sur l’or, c’est compter sur une poursuite de la crise et de l’incertitude. Or, l’histoire des cours montre que l’euphorie n’est jamais éternelle. Entre 1980 et 2000, l’once d’or a vu son prix dégringoler de 80 %. Chaque dollar placé durant cette période s’est transformé en 20 centimes. L’illusion de la sécurité peut coûter cher.

Donc, on ne sait pas quand les prix de l’or peuvent plonger

Il faut l’admettre : acheter de l’or n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les banques centrales n’apprécient guère que les investisseurs se massent sur le métal précieux : cela met en lumière la défiance envers leurs monnaies. Si la fièvre dorée persiste, rien n’exclut que gouvernements et institutions imposent une taxe lourde sur les métaux précieux, histoire de freiner l’enthousiasme général.

La volatilité du cours s’est d’ailleurs accentuée. Plus la valeur grimpe, plus les soubresauts sont violents. Arriver trop tard dans la course, c’est risquer de rester bloqué, avec des lingots qui ne retrouveront leur lustre qu’après parfois plusieurs décennies.

Regardez l’évolution du prix de l’or : le parcours est tout sauf linéaire.

Un autre point mérite réflexion : à mesure que l’or s’envole, d’autres placements deviennent plus alléchants.

À titre d’exemple, si la Bourse poursuit sa chute, le ratio cours/bénéfice (PER) des actions devient bien plus attractif. Les marchés actions, imprévisibles ces dix dernières années, ont laissé la place à l’or. Mais quand une bulle explose, une autre finit toujours par se former ailleurs.

Il faut garder en tête que deux dynamiques principales rythment les marchés : la peur et la cupidité. Aujourd’hui, la peur domine, mais le cycle finira par s’inverser. Après la tempête, l’appétit de croissance reprend ses droits. L’enjeu ? Savoir attendre le bon moment pour se repositionner.

L’achat d’or, c’est suivre la foule, miser sur la crainte ambiante. Or, la stratégie la plus payante consiste à faire l’inverse : patienter, laisser la panique boursière s’amplifier, puis revenir sur les actions à bas prix, juste avant que la prochaine vague d’optimisme ne relance la machine. Quand l’or dégringole, beaucoup voudront se débarrasser de leurs réserves pour retourner sur les marchés financiers. À ce moment-là, ceux qui auront pris position sur les titres seront bien placés.

Pour ma part, je vois un intérêt à posséder un peu d’or, pour la sécurité qu’il procure face à la dévaluation. Mais au-delà de ce “coussin dur”, je préfère placer mon argent dans des projets concrets, des entreprises, des équipes porteuses de sens. Miser sur la reprise, sur l’économie réelle : c’est là que s’écrit l’avenir.

De nouveaux épisodes de peur arriveront, c’est certain. Mais l’histoire l’a prouvé : tôt ou tard, la confiance l’emporte à nouveau, l’or recule, les actions reprennent de la vigueur. À chacun de choisir son camp, mais la roue ne cesse jamais de tourner.

Alors, quelle est votre position ?

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